C'est le 3 octobre 1804 à Lyon (rue Sala mais la maison n'existe plus) qu'Allan Kardec voit le jour, son père était juge.
Son avenir aurait pu comme beaucoup d'hommes de sa famille se tourner vers le barreau et la magistrature mais dès son plus jeune âge il était plus attiré vers les sciences et la
philosophie.
Il fit ses études à Lyon puis en Suisse auprès du célèbre professeur Pestalozzi pour lequel il devint un collaborateur dévoué. A l'école il était toujours celui qui aidait les autres élèves à
comprendre les notions des cours, il était attentif, observateur, méticuleux et tolérant. Parfois le professeur Pestalozzi lui confiait la direction de l'école.
Bachelier ès-lettres et ès-sciences, docteur en médecine, parlant couramment l'allemand, l'anglais et s'exprimant facilement en hollandais il était un homme cultivé et intelligent aux pensées
profondes.
A paris il rencontra Melle Amélie Boudet, institutrice diplômée de 1ère classe et ils se marièrent le 6 février 1932.
C'est vers ses 19 ans qu'il étudia les phases de somnambulisme et les phénomènes du magnétisme. En 1854 il entend parlé des tables tournantes par M.Fortier qui est magnétiseur et avec lequel il
était en relation pour ses études sur le magnétisme.
C'est de 1854 à 1856 qu'il prend le nom de Allan Kardec suite à un message d'une entité protectrice avec laquelle il avait eu une vie antérieure au temps des druides, cette entité appelée Z lui
promit de l'aider dans ses travaux ardus de recherches.
Voici un écrit suite à sa première initiation:
« J’en étais donc à la période d’un fait inexpliqué en apparence, contraire aux lois de la nature, et que ma raison repoussait. Je n’avais encore rien vu ni rien observé ; les expériences
faites en présence de personnes honorables et dignes de foi me confirmaient dans la possibilité de l’effet purement matériel, mais l’idée d’une table parlante n’entrait pas encore dans mon
cerveau. L’année suivante, c’était au commencement de 1855, je rencontrai M. Carlotti, un ami de vingt cinq ans, qui m’entretint de ces phénomènes pendant plus d’une heure avec l’enthousiasme
qu’il apportait à toutes les idées nouvelles. M. Carlotti était Corse, d’une nature ardente et énergique ; j’avais toujours estimé en lui les qualités qui distinguent une grande et belle âme,
mais je me défiais de son exaltation. Le premier il me parla de l’intervention des Esprits, et il augmenta mes doutes. Vous serez un jour des nôtres, me dit-il. Je ne dis pas non, lui
répondis-je ; nous verrons cela plus tard.
A quelque temps de là, vers le mois de mai 1855, je me trouvai chez la somnambule Mme Roger, avec M. Fortier, son magnétiseur ; j’y rencontrai M. Pâtier et Mme Plainemaison, qui me parlèrent de
ces phénomènes dans le même sens que M. Carlotti, mais sur un tout autre ton. M. Pâtier était un fonctionnaire public, d’un certain âge, homme très instruit, d’un caractère grave, froid et
calme; son langage, posé, exempt de tout enthousiasme, fit sur moi une vive impression, et, quand il m’offrit d’assister aux expériences qui avaient lieu chez Mme Plainemaison, rue
Grange-Batelière n° 18, j’acceptai avec empressement. Rendez-vous fut pris pour le mardi1 mai à huit heures du soir. Ce fut là, pour la première fois, que je fus témoin du phénomène des tables
tournantes, sautantes et courantes, et cela dans des conditions telles que le doute n’était pas possible.
J’y vis aussi quelques essais très imparfaits d’écriture médianimique sur une ardoise à l’aide d’une corbeille. Mes idées étaient loin d’être arrêtées, mais il y avait là un fait qui devait
avoir une cause. J’entrevis, sous ces futilités apparentes et l’espèce de jeu que l’on faisait de ces phénomènes, quelque chose de sérieux et comme la révélation d’une nouvelle loi que je me
promis d’approfondir. L’occasion s’offrît bientôt d’observer plus attentivement que je n’avais pu le faire. A l’une des soirées de Mme Plainemaison, je fis connaissance de la famille Baudin,
qui demeurait alors rue Rochechouart. M. Baudin m’offrit d’assister aux séances hebdomadaires qui avaient lieu chez lui, et auxquelles je fus, dès ce moment, très assidu. C’est là que je fis
mes premières études sérieuses en Spiritisme, moins encore par révélations que par observations. J’appliquai à cette nouvelle science, comme je l’avais fait jusqu’alors, la méthode de
l’expérimentation ; je ne fis jamais de théories préconçues : j’observais attentivement, je comparais, je déduisais les conséquences : des effets je cherchais à remonter aux causes par la
déduction, l’enchaînement logique des faits, n’admettant une explication comme valable que lorsqu’elle pouvait résoudre toutes les difficultés de la question. C’est ainsi que j’ai toujours
procédé dans mes travaux antérieurs depuis l’âge de quinze ou seize ans. je compris tout d’abord la gravité de l’exploration que j’allais entreprendre ; j’entrevis dans ces phénomènes la clef
du problème si obscur et si controversé du passé et de l’avenir de l’humanité, la solution de ce que j’avais cherché toute ma vie : c’était, en un mot, toute une révolution dans les idées et
dans les croyances ; il fallait donc agir avec circonspection, et non légèrement ; être positiviste et non idéaliste, pour ne pas se laisser aller aux illusions.
Un des premiers résultats de mes observations fut que les Esprits, n’étant autres que les âmes des hommes, n’avaient ni la souveraine sagesse ni la souveraine science ; que leur savoir était
borné au degré de leur avancement, et que leur opinion n’avait que la valeur d’une opinion personnelle. Cette vérité, reconnue dès le principe, me préserva du grave écueil de croire à leur
infaillibilité, et m’empêcha de formuler des théories prématurées sur le dire d’un seul ou de quelques-uns. Le seul fait de la communication avec les Esprits, quoi qu’ils puissent dire,
prouvait l’existence d’un monde invisible ambiant ; C’était déjà un point capital, un champ immense ouvert à nos explorations, la clef d’une foule de phénomènes inexpliqués ; le second point,
non moins important, était de connaître l’état de ce monde, ses mœurs, si l’on peut s’exprimer ainsi ; je vis bientôt que chaque Esprit, en raison de sa position personnelle et de ses
connaissances, m’en dévoilait une phase, absolument comme on arrive à connaître l’état d’un pays en interrogeant les habitants de toutes les classes et de toutes les conditions, chacun pouvant
nous apprendre quelque chose, et aucun, individuellement, ne pouvant nous apprendre tout ; c’est à l’observateur de former l’ensemble à l’aide des documents recueillis de différents côtés,
collationnés, coordonnés et contrôlés les uns par les autres. J’agis donc avec les Esprits, comme je l’aurais fait avec des hommes ; ils furent pour moi, depuis le plus petit jusqu’au plus
grand, des moyens de me renseigner et non des révélateurs prédestinés. »
Le Livre des esprits parut le 18 avril 1857
, l'ouvrage plut tellement que tout fut vendu et Kardec le réédita en 1858
.
Ce fut le 30 avril 1856, chez M. Roustan, par Mlle Japhet, médium, qu’Allan Kardec reçut la première révélation de la Mission qu’il avait à remplir
: un journal spirite
.
Voici le 12 juin 1856 le message qu'il reçut à propos de cette "mission".
Médium, Mlle Aline C., 12 juin 1856 :
Dem. : Quelles sont les causes qui pourraient me faire échouer. Serait-ce l’insuffisance de mes capacités ?
Rép. : Non ; mais la mission des réformateurs est pleine d’écueils et de périls ; la tienne est rude, je t’en préviens, car c’est le monde entier qu’il s’agit de remuer et de transformer. Ne
crois pas qu’il te suffise de publier un livre, deux livres, dix livres, et de rester tranquillement chez toi ; non, il te faudra payer de ta personne : tu soulèveras contre toi des haines
terribles ; des ennemis acharnés conjureront ta perte ; tu seras en butte à la calomnie, à la trahison même de ceux qui te sembleront les plus dévoués ; tes meilleures instructions seront
méconnues et dénaturées ; plus d’une fois tu succomberas sous le poids de la fatigue : en un mot, c’est une lutte presque constante que tu auras à soutenir, et le sacrifice de ton repos, de ta
tranquillité, de ta santé, et même de ta vie, car tu ne vivras pas longtemps. Eh bien ! plus d’un recule quand, au lieu d’une route fleurie, il ne trouve sous ses pas que des ronces, des
pierres aiguës et des serpents. Pour telles missions, l’intelligence ne suffit pas. Il faut d’abord, pour plaire à Dieu, de l’humilité, de la modestie et du désintéressement, car il abat les
orgueilleux, les présomptueux. Pour lutter contre les hommes, il faut du courage, de la persévérance et une fermeté inébranlable ; il faut aussi de la prudence et du tact pour conduire les
choses à propos et ne pas en compromettre le succès par des mesures ou des paroles intempestives ; il faut enfin du dévouement, de l’abnégation, et être prêt à tous les sacrifices. Tu vois que
ta mission est subordonnée à des conditions qui dépendent de toi. »
Plus tard en 1867 il dit:
« J’écris cette note au 1er janvier 1867, dix ans et demi après que cette communication m’a été donnée, et je constate qu’elle s’est réalisée en tous points, car j’ai éprouvé toutes les
vicissitudes qui m’y sont annoncées. J’ai été en butte à la haine d’ennemis acharnés, à l’injure, à la calomnie, à l’envie et à la jalousie ; des libelles infâmes ont été publiés contre moi ;
mes meilleures instructions ont été dénaturées ; j’ai été trahi par ceux en qui j’avais mis ma confiance, payé d’ingratitude par ceux à qui j’avais rendu service. La Société de Paris a été un
foyer continuel d’intrigues ourdies par ceux qui se disaient pour moi, et qui en me faisant bonne mine par devant, me déchiraient par derrière. Ils ont dit que ceux qui prenaient mon parti
étaient soudoyés par moi avec l’argent que je recueillais du Spiritisme. Je n’ai plus connu le repos ; plus d’une fois j’ai succombé sous l’excès du travail, ma santé a été altérée et ma vie
compromise. Cependant, grâce à la protection et à l’assistance des bons Esprits qui m’ont sans cesse donné des preuves manifestes de leur sollicitude, je suis heureux de reconnaître que je n’ai
pas éprouvé un seul instant de défaillance ni de découragement, et que j’ai constamment poursuivi ma tâche avec la même ardeur, sans me préoccuper de la malveillance dont j’étais l’objet.
D’après la communication de l’Esprit Vérité, je devais m’attendre à tout cela, et tout s’est vérifié. »
1861 date qui reste à jamais dans la mémoire, à Barcelone furent brûlés en place publique à la torche des inquisiteurs trois cents ouvrages spirites, décision de l'évêque de
Barcelone qui jugeaient ses livres contraires à la foi catholique.
Liste des ouvrages brûlés:
La Revue Spirite, directeur Allan Kardec,
La Revue Spiritualiste, directeur Piérart,
Le Livre des Esprits, par Allan Kardec,
Le Livre des Médiums, par Allan Kardec,
Qu’est-ce que le Spiritisme ? par Allan Kardec,
Fragment de Sonate dicté par l’esprit de Mozart,
Lettre d’un catholique sur le Spiritisme, par le Dr Grand,
L’Histoire de Jeanne d’Arc, dictée par elle-même à Mlle Ermance Dufaux,
La Réalité des Esprits démontrée par l’écriture directe, par le baron de Guldenstubbé.
1863 dans la Revue Spirite Allan Kardec écrit page 367:
« Le Spiritisme s’adresse à ceux qui ne croient pas ou qui doutent, et non à ceux qui ont une foi et à qui cette foi suffit; il ne dit à personne de renoncer à ses croyances pour adopter les
nôtres, et en cela il est conséquent avec les principes de tolérance et de liberté de conscience qu’il professe. Par ce motif, nous ne saurions approuver les tentatives faites par certaines
personnes pour convertir à nos idées le clergé de quelque communion que ce soit. Nous répétons donc à tous les Spirites : Accueillez avec empressement les hommes de bonne volonté ; donnez la
lumière à ceux qui la cherchent, car avec ceux qui croient vous ne réussirez pas ; ne faites violence à la foi de personne, pas plus du clergé que des laïcs, car vous venez ensemencer les
champs arides ; mettez la lumière en évidence pour que ceux qui voudront la voir la regardent ; montrez les fruits de l’arbre et donnez-en à manger à ceux qui ont faim et non à ceux qui se
disent rassasiés. »
Puis page 69:
«Une véritable croisade a lieu en ce moment contre le Spiritisme, ainsi que cela nous avait été annoncé ; de divers côtés on nous signale des écrits, des discours et même des actes de violence
et d’intolérance ; tous les Spirites doivent s’en réjouir, car c’est la preuve évidente que le Spiritisme n’est pas une chimère. Ferait-on autant de tapage pour une mouche qui vole ? Ce qui
suscite surtout cette grande colère, c’est la prodigieuse rapidité avec laquelle l’idée nouvelle se propage malgré tout ce qu’on fait pour l’arrêter.»
En 1864 dans la revue spirite p.328 il parle de son rôle dans l'avènement du spiritisme:
« Ce n’est, dit-il, ni celui d’inventeur, ni celui de créateur ; j’ai vu, observé, étudié les faits avec soin et persévérance ; je les ai coordonnés et j’en ai déduit les conséquences : voilà
toute la part qui me revient ; ce que j’ai fait, un autre aurait pu le faire à ma place. En tout ceci, j’ai été un simple instrument des vues de la Providence, et je rends grâces à Dieu et aux
bons Esprits d’avoir bien voulu se servir de moi ; c’est une tâche que j’ai acceptée avec joie, et dont je m’efforce de me rendre digne en priant Dieu de me donner les forces nécessaires pour
l’accomplir selon sa sainte volonté. Cette tâche cependant est lourde, plus lourde que personne ne peut le croire et si elle a pour moi quelque mérite, c’est que j’ai la conscience de n’avoir
reculé devant aucun obstacle, ni aucun sacrifice ; ce sera l’œuvre de ma vie jusqu’à mon dernier jour, car devant un but aussi important, tous les intérêts matériels et personnels s’effacent
comme les points devant l’infini. »

En 1869 Allan Kardec décède:
« M.Hippolyte-Léon-Denizard Rivail-Allan Kardec est décédé à Paris, 59, passage Sainte-Anne, IIe arrondissement et mairie de la Banque, le 31 mars 1869, à l’âge de 65 ans, succombant de la
rupture d’un anévrisme. »
"Paris, le 31 mars 1869
Amis,
Maintenant que je suis un peu plus calme, je vous écris ; en vous envoyant ma dépêche, j’ai peut-être agi un peu brutalement, mais il me semblait que vous deviez savoir de suite cette mort.
Voici quelques détails : il est mort ce matin entre onze heures et midi, subitement, en donnant un numéro de la Revue à un commis de librairie qui venait de l’acheter ; il s’est affaissé sur
lui-même sans proférer une seule parole ; il était mort ; il était seul chez lui, rue Sainte-Anne, rangeant ses livres et papiers pour son déménagement qui était commencé et qui devait se
terminer demain, son concierge, monté aux cris de la bonne et du commis, l’a relevé, rien, plus rien ; Delanne, accouru en toute hâte, l’a frictionné, magnétisé, mais en vain, c’était fini.
Je viens de le voir, j’ai pénétré dans l’entrée toute encombrée d’ustensiles de ménage ; la porte de la salle des séances grande ouverte m’a laissé voir le désordre d’un apprêt pour le départ ;
introduit dans le petit salon que vous connaissez bien, avec son tapis rouge et ses meubles antiques, j’ai tout d’abord aperçu Mme Kardec assise à la place du canapé faisant face à la cheminée
; M. Delanne à ses côtés ; en face d’eux, sur deux matelas jetés à terre, auprès de la porte de la petite salle à manger, gisait le corps, restes inanimés de celui que nous aimions tous. Sa
tête, couverte à son sommet par un mouchoir blanc, noué sous le menton, laissant voir la face entière, semblant reposer doucement et goûter le plaisir doux et calme du devoir accompli. Rien de
hideux n’avait marqué le passage de la mort; moins le souffle, il dormait. Sur son corps étendu, était jetée une couverture en laine blanche qui vers les épaules laissait apercevoir le collet
de sa robe de chambre, seul vêtement qu’il eût quand il a été frappé ; à ses pieds, jetés, au hasard du déchaussé, ses pantoufles et ses bas semblaient avoir encore la chaleur de son corps.
C’était triste, et pourtant, un sentiment de douce quiétude pénétrait l’âme ; tout dans la maison était désordre, chaos, mort ; et tout y semblait calme, riant et doux forcément, en face de ces
restes, on songeait à l’avenir.
Je vous ai dit que c’était vendredi que nous l’enterrions, nous ne savons pas encore à quelle heure ; ce soir son corps est veillé par Desliens et Tailleur ; demain par Delanne et Morin. On est
à la recherche de ses papiers, de ses volontés dernières, en tant qu’il les ait écrites ; dans tous les cas, l’enterrement sera purement civil. Je vous écrirai et vous donnerai des détails de
la cérémonie. Demain, je crois, on doit aviser à nommer un comité des spirites les plus attachés à la cause, ceux qui peuvent le mieux connaître ses besoins afin d’attendre et de savoir ce
qu’il y aura à faire.
Tout à vous de cœur.
Votre ami,
Signé : Muller"
Les disciples fidèles d'Allan Kardec continuèrent à se réunir le 31 mars de chaque année.
Pour lire la biographie en entier (d'où j'ai tiré les informations):
cliquez ici (document à
télécharger)
Bibliograhie: tous ces livre sont consultables et/ou téléchargeables gratuitement sur le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec :
cliquez ici
Le Livre des Esprits
Le Livre des Esprits 1er édition
Le Livre des Médiums
L’Evangile selon le Spiritisme
La genèse, les miracles et les prédictions
Le Ciel et l’Enfer
Qu’est-ce que le Spiritisme ?
L'obsession
Voyage Spirite en 1862
Les Oeuvres Posthumes
La Revue Spirite, année 1858
La Revue Spirite, année 1859
La Revue Spirite, année 1860
La Revue Spirite, année 1861
La Revue Spirite, année 1862
La Revue Spirite, année 1863
La Revue Spirite, année 1864
La Revue Spirite, année 1865
La Revue Spirite, année 1866
La Revue Spirite, année 1867
La Revue Spirite, année 1868
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